Le Class40 LE CONSERVATEUR de Yannick Bestaven et Pierre Brasseur effectue à Lorient sa dernière escale technique avant de rallier Le Havre, le bassin Paul Vatine et les concurrents de la 12ème édition de la Transat Jacques Vabre. Les deux hommes et leur voilier sont prêts. La saison 2015 n’a fait que confirmer les formidables dispositions du bateau et la maîtrise des skippers, avec son lot de bons résultats (victoire dans Les Sables-Horta-Les Sables, 2ème de la Normandy Channel Race…) et des performances techniques en hausse constante. Le chantier réalisé depuis la fin septembre met une touche finale à l’optimisation du bateau. La puissance développée ne demande plus qu’à se s’exprimer face à une redoutable concurrence. Rendez-vous dimanche 25 octobre à 13h30 aux pieds des falaises de la côte d’albâtre pour le coup de canon et le grand départ pour Itajai!

Class 40 / Le Conservateur / Yannick BESTAVEN

Carène, voiles et appendices revisités

« C’est la dernière ligne droite avant Le Havre et l’attente du départ ». Yannick Bestaven, à deux semaines du grand saut vers ce Brésil qu’il aime tant, affiche une belle sérénité. « Pierre s’est occupé du chantier que nous venons de réaliser à la Rochelle. »

Le Class40 LE CONSERVATEUR dispose de belles qualités de glisse grâce au travail réalisé sur la carène. » Et Pierre de renchérir : « Nous avons aussi procédé au remplacement des safrans, étanchéifié les ballasts, et affiné mille et un détails sur le pont. » Le Tizh40 LE CONSERVATEUR apparait aux yeux de tous les observateurs comme l’un des plus rapides voiliers de la nouvelle génération de Class40. Yannick et Pierre ont particulièrement soigné la garde robe du bateau avec leur voilier North Sails.

« La Transat Jacques Vabre se gagne en grande partie aux allures dites de « reaching », c’est à dire travers au vent, » explique Yannick. « Nous avons donc porté nos efforts et notre attention sur nos grandes voiles de portant, grand spi et gennaker, qui seront véritablement les « armes fatales » lorsqu’il faudra glisser sous les côtes du Brésil dans les alizés de sud est. »

Au Havre en fin de semaine

Ainsi Pierre et Yannick se projettent-ils déjà vers le continent sud américain et ce Brésil qu’ils connaissent parfaitement pour s’y être rendus à de nombreuses reprises, en course, soit lors de la Mini Transat, soit en Class40.

« Nous connaissons tous deux bien la route » précise Yannick, vainqueur en 2011. « Cette transat s’annonce passionnante, avec tous les ingrédients qui nous font vibrer, Pierre et moi ; la destination bien sûr, le parcours ensuite, qui est taillé pour la vitesse, avec quelques passages à niveau comme le pot au noir, et l’adversité, que nous connaissons et respectons, avec des coureurs de haut niveau et des bateaux de plus en plus performants. »

Les deux hommes effectuent de nouvelles sorties de réglage au large de Lorient, avant de prendre la route du Havre demain mercredi. « La semaine précédent le départ est toujours très animée » précise Pierre. « Yannick rentrera quelques jours chez lui retrouver ses proches, tandis que je m’accorderai aussi une visite à ma famille dans ma ville d’Amiens. » Viendra ensuite l’heure des derniers briefings, de l’introspection météo, et de la rentrée progressive en mode course afin d’encaisser sans heurt le brusque passage de la vie de terrien à celle, en vase clos, de coureurs au large ».

Regards croisés

La Transat Jacques Vabre
Yannick Bestaven : « Je l’ai remportée en 2011 (avec Eric Drouglazet ndlr). Nous visons de nouveau cette année la victoire. C’est une course très excitante, qui part de l’automne normand, pour rejoindre le printemps brésilien. Elle est pleine de rebondissements, avec des « passages à niveaux » comme le cap Finisterre où déjà des écarts importants peuvent être réalisés, et des « juges de paix », comme le pot au noir, qui laisse filer certains et enferme les autres dans la nasse. Mais c’est aussi une course de « reaching », une allure assez proche du vent pour laquelle le Class40 LE CONSERVATEUR est taillé. C’est dans ces moments là que nous attaquerons… Sébastien Rogues et Fabien Delahaye avaient établi un record en 20 jours, 21 heures, 41 minutes et 25 secondes à 11,12 nœuds de moyenne lors de l’édition 2013. J’aimerais battre ce record…»

Pierre Brasseur : « Cette course m’a laissé de très bons souvenirs, avec cette troisième place en 2013 avec Jorg Riechers. Cela n’avait été qu’un long sprint débridé depuis le départ. La vitesse avait été primordiale. Avoir la bonne combinaison de voiles en permanence est la clé. C’est une course d’une rare intensité. Elle semble longue, plus de 18 jours, mais on ne voit pas le temps passer tant la compétition est prenante. Pas moins de 5 ou 6 bateaux peuvent cette année prétendre l’emporter. Il faut être tout de suite dans le coup car c’est le type de course où les premiers touchent en permanence les meilleures conditions, et creusent l’écart par l’avant. Il faudra constamment trouver l’angle de vent le plus propice au bateau. »

Le double


YB : « Pierre, c’est la force tranquille, avec de grosses mains pour tirer fort sur les bouts. Il ne rechigne jamais à l’ouvrage, dispose d’une belle expérience et connaît désormais parfaitement le bateau. Il est calme, et c’est en mer un compagnon très agréable… »

PB : « Yannick est doté d’une bonne expérience. On est complémentaires, et très complices. On partage le même regard sur notre métier, sur ce bateau, sur cette course… et sur notre envie de gagner ! »